Pouvoirs publics

décembre 15, 2012
By Sauvons Le Grand Ecran

En 2005, la signature d’élus de tous bords à la pétition pour la sauvegarde du Grand Écran, ainsi que les déclarations publiques du Député-Maire du 13°, Serge BLISKO, de « s’opposer par tous les moyens juridiques et politiques à la transformation en magasins de ces salles », laissaient présager le plein soutien des pouvoir publics à la préservation du Grand Écran. Pourtant il n’en fut rien, et à ce jour cette superbe salle ne doit sa survie qu’à la mobilisation sans relâche et aux recours contentieux de notre association, contrainte de suppléer à l'engagement non tenu du Maire !

Mais cette cause qui transcende les clivages politiques se heurte autant à l’inertie de la gauche municipale que de la droite gouvernementale représentée par le Ministère de la Culture (jusqu'en mai 2012). A de rares exceptions près, d’un côté comme de l’autre on préfère mettre en avant des intérêts privés plutôt que « l’intérêt général » expressément attribué au Grand Écran par le Conseil de Paris.

Notre combat pour la culture et le patrimoine s’avère d’autant plus difficile que cette remarquable salle à vocation polyvalente, largement financée sur fonds publics, se retrouve abandonnée au bon vouloir de sociétés milliardaires dont le seul argument est celui de la rentabilité. Il est hélas emblématique des mutiples attaques subies de nos jours contre bien d'autres domaines d'intérêt public (santé, éducation, justice...)

 

Le problème ce n'est ni la droite ni la gauche, mais la loi du marché sans contrôle qui permet de vouer à la démolition un équipement de l'envergure du Grand Écran, présenté lors de sa construction comme grand chantier de l'état et réalisation de la municipalité, et déclaré «d'intérêt général» par la Ville de Paris.

 

Le Grand Écran n'est ni de gauche ni de droite, il appartient à tous de le sauver.

 


La cause du Grand Écran suscite toutefois l'intérêt de responsables culturels et politiques de droite comme de gauche, qui considèrent plus important de maintenir place d’Italie un équipement au rayonnement fort plutôt qu'un banal multiplexe de quartier.

Il va sans dire que contrairement à certaines rumeurs infondées l’association reste strictement neutre à l’égard des partis politiques, et s'efforce de mobiliser des élus de toutes tendances.


Voir aussi :

"Des élus de tous bords soutiennent le Grand Écran"

→ "Nos élus et le Grand Écran"

"Les personnalités politiques veulent-elles vraiment agir ? L'exemple de la fermeture du Grand Ecran de la place d'Italie" , par le Treizième Citoyen


Florilèges :

La Culture est un formidable levier économique vecteur de croissance et d’attractivité internationale… Les études d’impact réalisées en France ou en Europe indiquent toutes que l’investissement culturel génère des revenus multipliés, qu’il s’agisse d’un équipement culturel ou d’un festival.

Christophe Girard, adjoint au maire de Paris à la culture (Le petit livre rouge de la Culture - Janv.12)

 

"La Culture c'est le ciment de notre cohésion, le moteur du dynamisme de l'économie et le gage indispensable pour que nos territoires demeurent attractifs... La Culture, c'est la réponse française à la crise." (Nicolas Sarkozy lors de ses Voeux au monde de la Culture en janvier 2012 à Marseille)

"Je souhaite faire de la culture la réponse de la France à la crise économique" (Nicolas Sarkozy lors de la présentation du Conseil pour la création artistique - février 2009)

 

"La culture n'est pas une marchandise, et ne peut donc être abandonnée au jeu aveugle du marché. C'est tout le sens du combat pour l'exception culturelle" (Jacques Chirac aux rencontres Européennes de la culture - Mai 2005)


Des artistes, des intellectuels mettent en avant cette aspiration à la culture dans notre société de communication (encore faut-il que les politiques en prennent les moyens plutôt que de favoriser la consommation à outrance) :

"On s'aperçoit dans le monde dans lequel on vit, spécialement en ce moment, que la vraie richesse c'est la culture plus que l'argent. Il faudrait qu'ils mettent un peu plus de culture dans l'économie, et un peu plus d'économie dans la culture, parce que... c'est la vie. Rêver plus, s'envoler plus, s'enchanter plus par la culture, c'est vivre plus. Surtout en période de crise. On voit bien aujourd'hui que l'issue de secours, là où les gens peuvent considérer que tout n'est pas foutu, c'est avec les poètes, les musiciens, les créateurs, c'est-à-dire d'ouvrir des planètes autres que la nôtre qui est foutue par l'argent.

Il faut arrêter de considérer que la culture coûte cher. Un monde sans culture coûterait beaucoup plus cher."

(Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point, sur France-Inter, à l'occasion des voeux de Nicolas Sarkozy au monde de la culture le 13/1/09)

Daniel Cohen* suggère quant à lui, pour lutter contre les méfaits de la société de surconsommation et de l'addiction à la consomation moderne, et pour ralentir les effets de la crise mondiale, d'orienter les activités de notre nouvelle civilisation post-industrielle vers le cybermonde, le monde du spectacle, de la culture, de l'art, des artistes, etc... (3/9/09)  

* normalien, économiste et mathématicien, homme de gauche, conseiller du FMI et de la Banque mondiale... ("La prospérité du vice")

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